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LA COULEE VERTE ( suite ) jumelle de la VOIE VERTE

      AJOUT DU 11 AVRIL 2007  (Suite de l'article: "couleurs de randonnée en Lot et Garonne")

      Paralléle à cette "coulée verte" (le canal latéral à la Garonne), chemine "la voie verte" long ruban bitumé qui sur 87 km traverse de part en part le Lot et Garonne , faisant la part belle aux escargots , limaces , hérissons , campagnols , écureuils lorsque la nuit tombée : randonneurs , trotteurs , et cyclistes sont allés se coucher ...

En ce lundi de Pâques les écureuils vont être dérangés car sur l'ancien chemin de halage en bordure du canal j'ai entrepris l'autre direction celle inverse à la précédente exposée…Depuis l'écluse de Saint Christophe vers Damazan ; Ce saint bien nommé car j'en aurai besoin de sa médaille protectrice des voyages ,  pour frayer mon chemin parmi la foule des randonneurs et  promeneurs de vélos que le chaud soleil aidant commence à faire suer…

             Là où un jeune chien tire la langue à force de traîner son principal pourvoyeur de croquettes colorés , autrefois sur ce même passage les chevaux sans vapeurs tiraient bien les bateaux  semblant essouflés non pas par un repas de fête mais par une trop forte charge de blé.

          Ironie du sort et véracité pour exprimer l'arrivée d'un trop rare et long bateau  , il doit être le seul restant de la « bande des péniches »du passé à venir encore « écumer » la grande voie ; Il est encore plus « piquant » de relever inscrit sur la poupe le nom du marinier : « COUTEAU »  comme un coup du destin !…et plus comique avec cette inscription supérieure baptisant le vaisseau  au nom de BABAR  « en plus gros » pour ne pas se tromper !  (Bienheureux ceux qui ont une mémoire d'éléphant , malheureux ceux qui militent au nom du hasard !)

 

Sur l'onde du canal  où passent souvent les "angelots" ,et où « un éléphant peut en cacher un autre »

          

                         A l'intention de ceux , à qui ces tournures risquent de « couper » le sourire , voici des fleurs qui se jettent à mes pieds pour m'offrir en bouquet l'opportunité d'un remède apte à pouvoir les soigner …. Elles se présentent sur le flanc du talus ombragé où en contrebas se faufile un  timide ruisselet .Certains habitués de mes pérégrinations « colorées » commencent à ressentir un certain parfum même si ces fleurs en épis jaunes de la Grande Consoude n'en dégagent pas .. L'essence de la chose n'en est que plus volatile ! Si cette plante sauvage, locataire gratuite des « habitats » humides et ombragés, porte de nombreux surnoms ,ces derniers ne sont pas gratuits mais en rapport avec son usage et ses capacités que les hommes veulent oublier selon la loi du passé….« herbe aux coupures » ou « herbe du charpentier » pour célébrer cet artisan du bois qui avait la sagesse ancestrale de faire usage dans les chantiers les plus reculés des campagnes , de recettes éprouvées dont celle d'appliquer sur les petites coupures, fréquentes avec les échardes de bois , les feuilles de cette plante vivace cataloguée comme vulnéraire..

 (Connue depuis l'antiquité pour ses propriétés cicatrisantes , la Grande Consoude contient ce composé adapté en reconnaissance de son efficacité en dermatologie : l'allantoine)

 

 

 

                          Plus bas en limite de parcelles, des haies vives logent des prunelliers.En  l'honneur du printemps, le perruquier de la nature a passé sur leur tête une fraîche teinture de fleurs « blanc cassé » ; A leur pied , deux ruches oubliées s'étouffent , absorbées par les tentacules acérées de quelques ronciers… Au « rayon des oubliés » après un virage , se dresse en contrebas d'un domaine, une grille de fer forgé ; vestige de fermeture d'un ancien passage que la nature vivace a le charme de savoir digérer ...

               "  IL PARAIT QUE  LE VENT EN EST LE SEUL PASSANT ! "

                                                       

   CH. III    (  Ajout du 17 avril 2007)

Avec ses briques pleines qui transpercent de leurs taches de sang un banal enduit  c'est une imposante bâtisse qui se dresse entre des bouquets de verdure que transperce un élégant cèdre. A partir d'un soubassement de grés sombre aux éléments équarris trahissant une présence antique de château médiéval ,le maitre constructeur du nouveau château Gascon  a redonné vie à cet ancien site défensif en plaçant une tour d'angle comme une vigie en léger surplomb.

            Dans le talus opposé , une tache noire attire malgré la pénombre le regard : un pneu « crève d'ennui » , il n'est plus d'aucun secours et pour cette raison la sentence est tombée , prononcée par les irresponsables fossoyeurs de la nature , ceux qui ne la voient jamais et qui n'ont plus de place chez eux dans leur honorable « merdier »…

           Un cri strident qui déchire l'air , tel un pilote de chasse qui supporte plusieurs « G » (de pression) , c'est un "geai des chênes" qui perturbe la quiétude dans laquelle l'environnement semble s'enliser ..Dans son sillage quelques papillons « citrons » en voletant , zigzaguent comme pour éviter tous pépins….

            A l'heure de la sieste  le canal s'assoupit et l'onde n'arrive plus à balayer « devant sa porte » tous les dépots que le vent lui apporte ; pollens ,pétales de fleurs , de ces cerisiers sauvages qui osent se mesurer aux grandes files de platanes en venant s'intercaler dans leur régiment bien trop aligné…

             Après une courbe qui casse l'ennui de ces longues lignes droites , une péniche à la retraite garde des liens étroits et durables avec la rive son dernier port discret d'attache .Avec l'age seul qui avance , des fragilités manifestent la présence de bâches pour mieux affronter les assauts dégradants des intempéries ! Le bateau  voit ses heures de gloire défiler avec les embarcations de croisière pour vacanciers avec leur casquette de marin qui ne serve que l'été.

            Sur le chemin du retour l'écluse de saint christophe est annoncée de loin par ce gros feu rouge qui règle le passage…la maison de l'éclusier est depuis longtemps comme un bateau encalminé .Derrière ses volets fermés au vert trop tendre , les carreaux des fenêtres pleurent en ruisselant d'humidité , et de ne plus pouvoir refléter le passage de ces péniches du passé…

                                                          FIN   



Article ajouté le 2007-04-11 et consulté 20 fois