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C’est la rentrée …d’un voyage « imaginaire »

05.09.2007                                          

       Avec la reprise de l'école je ne peux m'empêcher de repenser à une classe où les élèves et leur professeur des écoles ( Sophie à l'initiative de ce projet ) m'ont accompagné (à pied !) de mars à fin juin pour une longue expédition créative et artistique dont je vous livre maintenant la relation sous la forme d'un feuilleton de 4 épisodes…( Dosage afin que cela ne devienne pas trop indigeste !)  Alors embarquez avec la découverte de ce carnet de voyage « imaginaire » où les acteurs vous dévoilent le fruit de leur escapade virtuelle . Pour moi cette expérience d'assistance artistique restera comme un « fruit exotique » de plus … dans la riche "coupe à fruits" que produisent les contrées d'outremer sujet de ce carnet ! Ce fut aussi une occasion de revivre les souvenirs de lieux découverts 38 ans auparavant lors de mes tours du monde à bord de la «  Jeanne d'Arc » ....

         Pour la bonne compréhension du sujet déjà présenté en « préambule » je vous invite à vous rafraîchir la mémoire en relisant l'article (mis à jour!) présentant le héros de l'aventure : Archibald Lacampagne       La carte type vieux parchemin de ma conception contenait de nombreuses indications pour la localisation du pays de ce voyage imaginaire . Comme le disait "l'oncle Urbain Lacampagne "acteur de l'aventure  : « chaque mot de l'histoire était à déguster »

          Sous la forme d'indices où il fallait passer outre les jeux de mots , les symboles, pour décortiquer le sens de certaines expressions , ce fut un jeu de piste auquel furent confrontés les élèves. L'océan « PAISIBLE » et sa notion de pacifique, l'ile « d'EOLE » et ce dieu du « souffle » pour accoster à l'ile du vent  désignant en Polynésie la bienheureuse Tahiti … avec quelques indices historiques de plus par les lieux de mouillage de ces célèbres navigateurs découvreurs des siècles passés que furent le britannique Cook et le Français de Bougainville…. « Cerise sur le gâteau » avec cette expression d'un lieu très connu dans le circuit touristique de Tahiti : « Trou où le Dieu fait la bise !» …la bise est aussi le nom d'un vent , moins chaleureux que la notion d'affection donnée par l'autre sens du terme ,  qui s'exprime dans une particularité rocheuse de la côte, par un trou où les vagues en se pressant comprime l'air et expulse vers l'esplanade du point de vue un souffle puissant chargé d'embruns….Le bien nommé « Trou du souffleur » c'est souvent la douche assurée !

                 

    L'aventure pouvait commencer et les élèves organisés en petits groupes furent chacun responsables de 2 pages du carnet à créer selon 6 thèmes impartis représentatifs du pays à présenter..

         Ce fût le lancement pour les jeunes auteurs chargés non seulement d'un travail artistique mais aussi d'une recherche documentaire iconographique et d'éléments de textes pour l'assemblage futur des illustrations à la gouache et des commentaires manuscrits selon la technique spécifique du carnet de voyage …

 

       

     Avec cette histoire évoquée en préliminaire et la visualisation de la carte, chaque élève se mit dans la peau du neveu d'Urbain en quête des rêves d'un enfant à la poursuite des tribulations d'un  ancêtre , le fameux Archibald éleveur et berger pour connaître son périple lointain jusqu'à cette contrée  énigmatique où vivent ces fameux « chevaux de vent » : LUNGTA….

 

11.09.07                           Episode II

 

 

       Le projet était exigeant par la création et l'imagination que devait apporter les jeunes participants de ce voyage « imaginaire ». L'entrée en matière fût source de trac aussi pire qu'un préparatif de vrai voyage sur le terrain . 

            L'éloignement prévisible des nouveaux horizons semblait apporter son «flou» naturel dans la préhension du projet pour les élèves et je fus en tant que « pilote » de l'opération chargé de donner au fil de l'expédition les" feuilles de route" avec la vigilance du « cap à tenir »…. Sophie notre capitaine était chargée de prévenir les tempêtes éventuelles au sein des groupes et veiller « aux grains » impétueux  , mais le bon esprit souffla à chaque session ce qui amena à bon port notre équipage,  sachant consulter le moment opportun la « boussole » de l'orientation impartie….Le peu de houle du départ laissa place à l'étendue paisible d'un océan que l'on nomme Pacifique .

            

   

 

               

          J'évoquerai  le seul handicap qui ne permit pas un voyage aussi lointain que voulu , car le temps y apporta son « grain de sel »  pour enrayer la vitesse de croisière…..Ce ne fut pas une cause climatique,  mais le manque de temps qui vint contrecarrer notre projet d'aboutissement!   Et je me dois d'évoquer ici la bonne volonté générale de ces jeunes « voyageurs » qui pris par la passion et l'enjeu, décidaient souvent "d'oublier de sortir",  en faisant l'impasse sur le temps de la récréation ….Comme « à la recherche du temps perdu » pour pasticher le titre du célèbre écrivain : Marcel Proust . Mais ce fût en vain…..et je révèlerai en fin du feuilleton la tournure prise pour sortir de cette impasse ! 

 

 

      

      Les apprentis marmitons ont su apporter la touche et l'attention nécessaire pour réussir cette « cuisine artistique » que constitue la technique du carnet de voyages….Et à ce nouveau plat ils surent ajouter « l'épice » de leur enthousiasme et jeunesse!. Quand en fin d'année scolaire lors de la fête annuelle de clôture les parents découvrirent le mets, ce fût comme l'impact d'un dessert apprécié par sa fraîcheur et la nouveauté d'une recette …exotique en l'occurrence !

       

 

 Si cette page me rappelle la beauté de la femme tahitienne , la vahiné qui a fait réver le monde entier, avec sa longue chevelure brillante ,ses courbes élancées

la douceur et la nonchalance de la gestuelle exprimées dans la danse traditionnelle " le tamouré"...les prénoms féminins colportent l'exotisme de leurs racines : Tiaré, Maréva, Manuréva ( chanson célèbre de Alain Chamfort suite au naufrage du voilier d' alain Colas ) , Maéva, Rarahu , Taina ... 

 

   

 

18.09.07                            Episode III 

             

     La démarche graphique pour les illustrations du carnet fut une occasion de transmettre aux jeunes créateurs la façon d'employer la gouache leur « univers pictural scolaire » , selon la technique plus ardue de l'autre peinture à l'eau , mais combien plus exigeante , l'aquarelle .

     Pour certains apprentis qui n'aimaient pas spécialement peindre ( je pense à la confidence de A….a ) ce fut alors comme une révélation …..J'avoue que la réalisation du « poisson ballon » ( voir détail fin épisode I )ne fut pas qu'un simple « ballon d'essai » pour une première approche de l'univers de l'aquarelle….Ceci est un exemple parmi tant d'autres , car chaque page possède leur joyau en toute simplicité sans « clinquant ni pétillant » , car chargé d'authenticité et de bonne volonté !

 

                

      L'habitat traditionnel de la Polynésie , le  Faré n'est plus comme l'ont découvert les explorateurs des siècles passés , couverture en palmes de cocotiers remplacées par des éléments en tôle ondulée, les parois et cloisons en feuilles tressées de Pandanus sont remplacées par des plaques industrielles de matériaux composites , ceux que l'on ne trouve pas sur le sol !

    L'art du tourisme est d'avoir su redonner localement des reproductions à l'ancienne de ces fragiles mais souples constructions qui savent mieux courber le dos aux  tempêtes tropicales . L'art de créer la dépendance !..    Heureusement que les tahitiens n'ont pas attendu l'arrivée des missionnaires et de leur « campagne d'évangélisation » pour pratiquer leur culte et leur mode de festivités , sinon pas de tatouages, de « hakas » , de Tiki, ou de danse lascive comme le « Tamouré », qui fut une des premières cibles de la rigueur spirituelle et interdite dès leur implantation ….

 

      Un thème cher au héros de l'aventure Archibald , celui de l'élevage : Veaux , vaches, cochons , moutons, acclimatés le plus souvent sur le plateau de Taravao....Lorsque ce fantasque gascon quitta la France pour la Polynésie , il n'oublia pas le fameux baton de berger , le traditionnel grand baton avec une extrémitée en crosse adaptée à saisir les pattes des moutons . Nous verrons en fin de l'aventure que cet objet prendra une dimension supérieure dans le destin du héros parvenu au terme de son périple terrestre .... pour l'accompagner à "tout prix" avec ces énigmatiques "chevaux de vent"!

  

    Il est temps de parler de l'initiatrice du projet éducatif , passionnée par l'art du carnet de voyage , ce" fourre-tout" qui grâce à l'alliance de la peinture et de l'écrit sait piéger les émotions de ces voyageurs éternels autour du monde... 

Par ce dessin je vous la présente :  Sophie en arrière plan en train de fixer au tableau les « feuilles de route » de chacun des groupes de travail et recherche , lors de la première séance ! Passeports , visas, carnets de vaccinations , sac à dos , cartes , boussole, gourde d'eau , devises étrangères et chapeau  …. ( ah ! j'ai oublié les bonbons en cachette dans le mouchoir… ) Tout était prêt pour le départ de la grande aventure sur le sentier perpétuel de l'imagination.!

   A SUIVRE ! Dans le dernier épisode à venir : Archibald aura trouvé les fameux chevaux de vent ....Mais où! 

 

 



Article ajouté le 2007-09-05 et consulté 20 fois