COULEURS DE CLOCHES

      (Ajout du 08 avril 2007)

                  Histoire de cloches pour célébrer Pâques !

 

        

        Claude Fauchet (1530-1601) avec sa proposition ingénieuse de citer le verbe latin «  claudicare » ou boiter comme origine du terme , fauche l'herbe sous les pieds des détracteurs en voulant ainsi favoriser les «  halleures  d'un boiteux eshanché » c'est en langage plus proche et accessible : qui marche « clopin –clopant »..pour mieux imager l'allure d'une cloche en mouvement .

                                      On oublie que la cloche était un instrument de musique avant d'être enfermée dans les édifices religieux ou publics , dont le son était calculée pour produire une note déterminée ; En « langage des oiseaux » on recherche les mots ou expressions qui « sonnent bien » afin de mieux faire passer le message ! Dans ce domaine de résonance pour garder la même note , place à une devinette : Quel est le rapport entre la lettre « A » et le clocher ? : Le « A » c'est la voyelle , et le clocher « c'est là  qu'on sonne »

                                               Dans sa conception cet instrument est loin d'être une « pauvre cloche » car il est riche de termes descriptifs par tous ses constituants : cerveau, anse, couronne ,anneau, vase supérieur , gorge , pinces , patte , battant….

                                   Dans les périodes mouvementées elles furent en tant que vil métal tout bon à « frapper monnaie » pour satisfaire entre autres quelques privilégiés qui pouvaient continuer à se « taper la cloche » loin des lignes de front  et de leurs canons ,eux aussi purs produits des coulées de cloches , mais pour produire un autre son , celui des lamentations….

                                Le patrimoine Gascon doit beaucoup à cette multitude de « mur-clocher » (ou  clocher « peigne » forme suggérée par les 3 ouvertures réservées au logement des cloches)  qui hérissent la campagne et en crée une certaine richesse visuelle, même si depuis longtemps leurs « bronzes » ne sont plus en place … perdus sur le long chemin de Rome depuis des « Pâques »

                                Dans le domaine artistique on ne peut pas passer « sous silence » le son de « l'Angelus »  du peintre normand jean françois Millet. Son célèbre tableau apporte une dimension vibratoire à l'atmosphère rurale dépeinte, en accord avec le rythme de la terre où comme la nature on ne doit pas oublier l'origine de ses racines…

                                 Pour conclure ce sujet provisoirement c'est sur le terrain du nord de la France que nous trouvons l'origine d'une des plus anciennes cloches , celle de la cathédrale de Beauvais. Dénommée « la Poissarde » avant la Révolution , ce n'est pas du à l'action éventuelle des brumes collantes , mais à son utilisation pour sonner l'ouverture et la fermeture du « Marché aux Poissons »…(En ce temps d'avril il était temps d'en extraire l'arête , pour ne pas que cet article ne se termine en queue de poisson !)  

    

               SUITE ET FIN DE L'ARTICLE :  Ajout du 10Avril 2007

 

           Pour célébrer le retour des cloches ( Rappel : tradition présentée aux enfants sous le couvert d'un départ à Rome voir le Pape par toute les cloches pendant cette période sacrée où elles sont réduites au silence dans leur clocher , du jeudi Saint à Pâques, selon un règlement religieux  qui depuis le  VII ° siècle affecte aussi au niveau sonore : l'harmonium)

      

  Si les cloches volent pour cette période de l'année , cela permet de mieux présenter cette anecdote , qui restant dans l'espace aérien des animaux ailés, n'a pas besoin du recours à la « langue des oiseaux » pour en plumer l'essence de nature volatile…

 

 Bourdons        ( Histoire d'un bourdon qui se repose sur des corbeaux )

 

          Dans une tour de N.D de Paris, le « bourdon » est l'appellation réservée aux plus grosses cloches , celles qui ne sonnent que pour les grandes solennités. Le « corbeau » est le terme désignant des pierres en saillie d'un mur de maçonnerie porteur , qui de part leur disposition servent de support. Ainsi les corbeaux en reprenant la charge d'un beffroi de chêne permettent le repos du bourdon …Amusant de constater que le beffroi est en quelque sorte ,une cage de bois …pour empêcher un gros bourdon de s'envoler . La légende sacrée citée en préambule est donc la seule à conserver la clé de cette porte , pour l'envol autorisé d'un bourdon vers le domaine de la Papauté ; Et la question récurrente des petits enfants envers leurs parents à cette période de Pâques : « VA T'Y QUAND REVENIR ? »  rappelle en Langue des Oiseaux la destination annuelle autorisée par le clergé ! Pendant ce temps là les corbeaux , immobiles à perpétuité et privés d'escapade , n'ont pas l'air d'en « faire un fromage »…. (comme aurait pu le dire si bien : Lafontaine.. cela coule de source !)

 

 Carillons 

                   Il est dans cette différence d'appellation une image « frappante » : car si la cloche permet par ses belles envolées de se « bouger le battant » , le carillon à l'opposé est prisonnier à jamais , condamné à être frappé à coup de martelets…

 

 Clarines et Sonnailles    ( Histoire d'un « fada » qui puise dans de « futiles sensations » une énergie gratuite et non polluée)

              Souvenirs d'escapades dans les sauvages Pyrénées , plutôt à l'écart de ces chemins pris d'assaut et dont l'emprise permet à des batteries de «  4 x 4 » de venir à l'assaut des cimes du dimanche. Sur ces destriers de tôle  embarquent talons hauts et chiens survitaminés condamnés à observer derrière les vitres fermés des nuages de poussière ! (Commentaires du lundi :« Vous savez on est  monté très haut ! Jusqu'au parking sauvage des marmottes …  » ) En tout cas cela permet aux chiens d'étages de découvrir un troupeau avec de la laine sur le dos…..

             Il me plait ainsi (car je suis un original de NATURE) de chercher à m'écarter de toutes ces « autoroutes de montagne » et j'apprécie de prendre une bonne suée pour pouvoir  écouter de douces musiques que l'environnement sauvage sait si bien conserver. Quelle joie sans cesse renouvelée d'entendre les notes fraîches du ruisseau qui un peu plus loin vers la vallée osera « se mouiller » à devenir un torrent , d'écouter les rapaces qui prennent l'air en spirales criardes  pour mieux piquer du nez , le claquement de pierres qui ruissellent dans les éboulis après le furtif passage d'un cabri sauvage et surtout les pimpantes clarines du peuple saisonnier qui monte à quatre pattes vers les estives les plus éloignées .Ces sonnailles magiques réveillent en moi les frissons d'une musique qui n'a pas besoin d'instruments pour être jouée, il faut savoir seulement l'écouter..

             Troupeaux de vaches , moutons et brebis colportent dans les plus vastes espaces parfumés une symphonie qui ne lasse jamais , et certaines nuits sans brumes, même la lune vient les écouter …Je ne veux pas vous « donner le bourdon » avec cette dernière histoire de cloches et  en terminant sur une note nostalgique du folklore passé : les clarines sont porteuses outre leur tons , d'empreintes que la main de l'homme a bien voulu fixer aussi bien dans le martelage du fer cuivré de la sonnaille que sur le large collier de cuir.  Pour les initiés ces curieux dessins ne sont pas simple fantaisie de rustres bergers , mais la mémoire d'un héritage culturel paien  transmis au travers les ages et dont la signification n'est pas perdue pour ceux qui savent « voir » autre chose dans ces dessins paraissant comme simple décoration . Etoiles à 5 branches , rosaces , cœurs entrelacés , rouelles , vous savez si bien protéger avec le troupeau vos secrets …

 

     

                               

                                      



Article ajouté le 2007-04-08 , consulté 4 fois

Commentaires


Carmen le 09/04/2007 à 21:05:36
Quel bel article qui rend aux cloches l'hommage qui leur est du en ce temps pascal. En plus d'être agréables à l'oeil et à l'oreille, elles nous ont régalés de petits chocolats qu'elles ont déposés dans nos jardins. On en redemande !
Joyeuses Pâques ! Carmen
Catherine le 08/04/2007 à 18:39:41
Merci pour cet article à la fois didactique et poétique.Il m'a plu: en effet je suis assez fascinée par les cloches, si volumineuses parfois et qui produisent toutefois des sons si harmonieux. Votre article m'a rappelé la visite passionnante d'une fonderie de cloches dans le Cotentin, à Villedieu-les-Poêles, si ma mémoire est bonne. Merci et Joyeuses Pâques!!!!!Catherine

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