SUITE DU CARNET IMAGINAIRE
( Mise à jour du 04.09.2007 )

" LUNGTA " ( préambule)
Toc ! Toc ! Toc !
Ce bruit à fréquence régulière perçu entre les coups de tonnerre fit sursauter mon vieil oncle Urbain.D'un pas rapide il se dirigea vers la porte d'entrée . L'ouverture timide de la porte face à l'agressivité de l'orage , livra passage aux effluves chauds d'une terre mouillée ,à défaut d'un visiteur nocturne en cette soirée d'été.
La persistance du bruit nous fit lever les yeux, non pour implorer Dieu de sauver nos récoltes, mais pour mieux identifier l'origine de ce bruit qui semblait provenir du grenier.
J'emboîtai le pas de mon oncle déjà dans l'escalier de bois dont le grincement sinistre s'ajouta au bruit des bourrasques de vent avalées par la large cheminée.A l'entrée du grenier, l'étendue des dégats apparut dans le faisceau blafard de la lampe de poche . Une fuite d'eau fut provisoirement colmatée avec l'aide d'une bassined'un autre âge mais je savais que cela ne suffirait pas . Oncle Urbain se précipita tout à coup , vers quelque chose qui me semblait être un tas de vieux papiers en partie détruits par le temps et certainement par quelques souris. Il en préleva un document dont la teinte et l'épaisseur tranchaient parmi l'uniformité des autres documents détrempés .
« Je le tiens ! » Cette découverte devait lui tenir à cœur , car radieux il s'empressa de l'assécher…..
Il avait étalé sa trouvaille sur la table de la cuisine et restait là , à la contempler , comme hypnotisé par elle. En m'approchant , je compris qu'il s'agissait d'une carte constituée par une sorte de vieux cuir , cela me fit penser à des anciens parchemins . Pressé de questions , mon oncle m'appris l'origine de ce document .
Il provenait d'un parent éloigné , Archibald , parti vers les Amériques à la fin du XIX siècle. La seule nouvelle reçue de lui fut une lettre accompagnant ce morceau de cuir vieilli et taché représentant la carte d'une île. Et voilà que les intempéries avaient l'audace de vouloir « laver » l'unique lien qui nous attachait encore à cet ancètre.
Mon oncle cherchait dans sa mémoire des éléments que cette lettre disparue mentionnait ; L'appétit des souris avait transformé en « confettis » le document au fil des ans . Il tenait fébrilement dans ses mains le parchemin en l'exposant au plus près de la lueur de la chandelle .Quelques interrogations et exclamations brisaient le silence revenu après l'orage, oscillant entre réprobations et éloges. « Ah ! sacré personnage que cet Archibald , il s'est retrouvé à élever des vaches à l'étranger sur une île dont on n'a jamais su où elle se trouvait ! » …… « Parti chercher fortune à l'époque de la fièvre des chercheurs d'or »……
« C'était un aventurier ,amoureux des chemins et sentiers. J'ai eu connaissance de son pèlerinage à Compostelle sur ce grand chemin tout près d'ici par Miradoux et Lectoure et il en était revenu avec une coquille saint Jacques en collier »……
« Avec sa manie des jeux de mots , il tournait tout en facétie ! »…..
« Une preuve avec les mentions énigmatiques de cette carte réalisée avec la peau d'un veau mort né : le « velin » pour des motifs matériels ; le papier brillait par sa rareté sur cette île !. »……
« Il a quitté la France avec, pour seul bien , sa coquille fétiche autour du cou ! »…
Je restait ainsi une partie de la nuit à écouter mon vieil oncle emporté par ses souvenirs et par l'admiration qu'il semblait vouer à notre ancètre . J'essayais alors de recoller les pièces d'un étrange puzzle en suivant sur la carte délavée et tachée , les indications et dessins colorés dont le déchiffrage était malaisé . L'île « d'EOLE » au milieu de l'océan « PAISIBLE » ; je ne me souvenais pourtant pas d'avoir eu à les rencontrer durant mes courtes études…
Dans sa lettre , Archibald avait aussi fait mention d'un prochain départ vers l'ouest, il devait d'après ses dires y élever des chevaux . Archibald était réputé dans la famille pourne jamais douter de ses projets aussi fous fussent ils ! Une foi à soulever des montagnes ...
Sur cette dernièrepensée , nous allâmes nous coucher. Je n'avais guère envie de dormir tout excité par ma rencontre avec cet Archibald dont j'avais toujours ignoré l'existence .
La nuit allait-elle m'apporter des réponses aux questions qui ne cessaient d'envahir mon esprit ? L'orage se dissipa enfin, laissant la place à un concert de grillons. Une dernière fois, me revint en mémoire une phrase de mon oncle , dont je ne compris pas sur le moent toute l'importance de sa signification : " chaque mot de cette histoire est à déguster...."
A SUIVRE !




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