Aquarelle et voyages

Aquarelle et voyages

Bric à brac


Savoir prendre l'air

       
         Un cadeau pour ceux qui ont la nostalgie de ces jouets faits avec n'importe quoi, un brin d'imagination, sans dépense onéreuse ......ni batterie.

        Ils sont d'un autre temps celui où l'on marchait en regardant en l'air les mains libres scrutant dans le ciel pour apercevoir ce petit avion de papier plié en un rien de temps .... perdu hier et pris d'un désir de liberté!

        En cette période prôche d' Halloween, saison mouvementée où les feuilles s'envolent, les sorcières enfourchent leur balai, et les courants d'air financiers grippent nos porte-monnaie....  prenez donc ce vol paisible et divertissant en toute sérénité!

             A tous ceux qui ont conservé une âme d'enfant, j'invite aprés un rapide survol du clip de présentation de télécharger ce jeu gratuit rafraichissant:

 


//paperplane-game.com/

 





08/10/2011
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Souvenir de marine


          Cela sent bon les embruns et les alizés porteurs des poissons volants!

          Un petit aperçu des subtiles voies de communications sur les champs immenses de Neptune ...alors qu'il y a tant de place pour naviguer et où personne ne veut se pousser! Celà me rappelle le bon temps lorsque je naviguais avec la belle "Jeanne d'Arc"  en tant que détecteur radariste....

         Un conseil : Allez jusqu'au bout de cette video et vous verrez  enfin .....la lumière!   

 


Un membre de la tribu sauvage des " ZOAXE "


21/09/2011
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Le "Jeanne d'Arc " mon ancien vaisseau



              

                   Mercredi 2 décembre 2009,  prendra le départ pour son dernier tour du monde après 45 ans de loyaux services  la « Jeanne » mon ancien navire qui m'a offert en tant que pompon rouge 2 tours du monde. Ce vaisseau le plus ancien navire de guerre Français fût en même temps navire école pour les officiers élèves, ambassade itinérante de la France, et le « Saint Bernard » des mers !  Ainsi après 2 500 000 kms parcourus soit l'équivalent de 62 tours du globe la "Jeanne" va devoir souffler car ses turbines à vapeur sont fortement à bout de souffle ....et la destinée que vont lui livrer les hommes est de la dépouiller de son armure ! (Qui ne gardait sa ligne sans maigrir grâce à toutes les couches de  peinture apposées depuis sa mise en service)




La "Jeanne" au mouillage à Bora-Bora


           

        Faisant escale dans tous les plus prestigieux ports du monde comme: New-york, Los Angeles, Tokyo, Hong-kong, Valparaiso, Rio de Janeiro, Vladivostok ...ou les plus énigmatiques sites comme l' Ile de Pâques, le porte-hélicoptères « Jeanne d'Arc» a aussi porté assistance et secours aux personnes dans le besoin selon l'urgence des évènements du moment:

              Sauvetage boat people dans la mer de Chine, secours aux victimes du Tsunami à Sumatra en 2005, celles du cyclone Mitch en 1998, récupération des otages du Ponant en 2008 , assistance à la navigatrice en solitaire Maud Fontenoy lors de son tour du monde à la voile....

         

               Des têtes renommées en tant que chef d’état comme François Miterrand, le roi Hussein de Jordanie, Fidel Castro, Salvador Allende (lors de mon escale à Valparaiso au Chili)……ou des acteurs célèbres Jean Gabin, Bernard Giraudeau ( Ancien matelot de la Jeanne) ont posé leurs pieds sur le pont d’envol .


         Je veux bien livrer quelques brèves sensations de mes péripéties les plus marquantes :

            Au pays de la liqueur bleue ( Curaçao) une star internationale de la chanson Diana Ross alors soliste de son célèbre groupe de la Motown : The suprems m'a « touché le pompon » .... connaissant le symbole porte bonheur de la sommité velue du bonnet de matelot !         

              Au pays des énigmatiques géants de pierre comme pour s'ajouter aux nombruex mystères de cette île de Pâques, un simple « Couteau » non pas de Laguiole mais au prénom de Christian est arrivé par la voie des airs. Ce n'était pas un tour de magie mais un simple tour en hélicoptère qui nous permettait depuis le pont d'envol d'une « Jeanne » en mouillage, d'aterrir sur le stade football de l'unique village et capitale de la petite île : celui de Hanga Roa....

         Au pays du « lotus bleu » ou de « l'empire du milieu » j'ai arpenté les marchés nocturnes de Hong-kong .....ou les allées de la vieille ville sacrée Nara au pays du « soleil levant »   

         Au pays des anciens Etrusques  j'ai foulé la pelouse d'un stade désert celui d'une citée célèbre qui « couvait sous la cendre » depuis 2 millénaires : Pompei

          Au pays des Amérindiens j'ai rencontré comme un « aigle noir » dans la rue du trésor à Québec ( Une autre sorte de « place du tertre de Montmartre » où s'exposent en permanence artistes peintres, dessinateurs et portraitistes de tous poils ) un descendant de ces fameux chasseurs à plumes, profil d'aigle, peau cuivrée, longs cheveux noir de jais ....Ceux que les conquérants ont toujours et partout surnommé péjorativement « sauvage »

        Au pays des lamas j'ai senti parmi ses grands espaces désertiques ou dans son port mythique Valparaiso mon coeur vibrer à l'unisson d' un continent Sud Américain qui a une âme indéfinissable et envoûtante....




Votre serviteur Christian couteau à Tahiti février 1969


      

            Au pays des starlettes et du cinéma j'ai foulé de nuit la tête dans les étoiles et les pieds sur le trottoir celui de Hollywood boulevard une des plus célèbres artères de Los Angeles où certaines « étoiles » sont figées à jamais pour briller même la journée...        

          Au pays de la « radioactivité artificielle » à Mururoa ( Ancien site expérimentation nucléaire de la France) avant d'accéder aux joyaux de la Polynésie française ( Tahiti et Bora-Bora) rien de mieux qu'un bon bain désinfectant.....Dans des eaux cristallines et turquoises où l'on ne voit pas la pollution sournoise je me suis baigné car c'était autorisé et contrôlé selon le discours officiel de la « grande muette » ....La seule contrainte: Valait mieux ne pas se blesser au contact des coraux : de véritables concentrés de pollution nucléaire. Quand aux éponges marines naturelles n'en parlons pas !

  

           Le seul regret que je conserve de toutes ces escales c'est quand je revois leur physionomie actuelle par vidéo interposée. Je ne retrouve plus leur attrait et charme d'antan....Souvent le modernisme a bouleversé les paysages, la loi du tourisme et ses profits ou objectifs économiques est venue y mettre son nez .


      A l'ile de Pâques où les charters envahissants se posent comme des frelons anesthésiant de leur désinvolte déversement un univers encore sauvage il y a 40 ans ! Touristes en chapeaux de paille, collier de coquillages, et bermudas à fleurs à l'assaut des modestes pentes du volcan Rano Raraku, véritable fourmilière plus nombreuse que les multiples statues de pierre immobiles comme des quilles d'un jeu aux règles inconnus sur les flancs de terre rouge ! J'ai eu le privilège inverse en février 1969 celui de découvrir ce panorama où les géants de pierre  faisaient de l'ombre à quelques pompons rouges ....







             Une dernière anecdote qui montre le climat de pollution d'une île non préparée à un afflux massif de visiteurs : les Pascuans autochtones ont manifesté cet été en bloquant l'aéroport pendant quelques jours pour réagir à ce degré de pollution intolérable pour l'environnement que leur apportent les charters du tourisme et leur colonies qui en oublient souvent en partant leurs « papiers» ..... Eux seuls pouvaient réagir car les plus vieux habitants restent immobiles pour l'éternité en veillant sur ce « nombril du monde »


         C'est la saison des fêtes de fin d'année et pour couronner cette dernière campagne de la « Jeanne » un livre cadeau vient juste de paraître. Comme une célébration de l'aura à travers le monde entier d'un navire portant haut le nom d'une pucelle sanctifiée par l'histoire






                    La Jeanne d'Arc en "laisse" à Valparaiso ( Chili)



            Je réserve en conclusion une nouvelle moins féerique que celle attachée à la fête de Noël. Je ne suis pas rancunier loin de là mais l'histoire semble prendre un malin plaisir à rappeler certains souvenirs ou fait marquant pour les plus simples des livres d'histoire .....Celui de l'issue funeste de notre petite bergère de Domrémy devenue chef de guerre et l'ennemie numéro un de l'occupant Anglais qui en 1431 la fit partir en fumée sur un bûcher de Rouen ! De mauvais esprits pourraient relever alors cet article paru dans le journal « le Monde » un certain 14 juillet de cet année qui anticipant la fin prochaine en été 2010 du porte-hélicoptères, lui présageait un avenir « fumant » par siècles interposés.

                     Comme actuellement le vieux porte-avions Clémenceau vieille "conserve"  ouverte sur les chantiers de désamiantage et recyclage de la société Anglaise Able UK , notre ambassadrice au long cours aprés une chevauchée de 1350 millions de kms autour du monde pourrait tomber dans ses fosses ....... celles où l'on ne met pas de croix !

         Il est ironique de relever que pour que la "Jeanne" ne puisse pas brûler et ainsi résister à toute agression du feu elle fût dés sa construction de 1959 à 1961 "bourrée" d'amiante ....Une sorte d'armure moderne que la pucelle d'Orléans n'avait pas le privilège de revêtir! Je pense que ce sujet n'a pas fini de faire tousser ......


       Voilà un témoignage personnel, un certain cri du coeur envers un grand vaisseau au nom duquel j'ai versé un peu de sang ! ( Arrêtez de voir des jeux de mots partout...)  Et ce sera la dernière confidence en conclusion : J'ai eu l'honneur et le plaisir, passionné de rugby, d'appartenir alors pendant mes 2 tours du monde à l'équipe de la « Jeanne » et si j'ai pu foulé beaucoup de terrains étrangers parmi les plus célèbres comme à Durban en Afrique du sud j'ai parfois fini le match les genoux écorchés et laissé sur la terre quelques gouttes rouges comme la couleur de mon ancien pompon !


                       EXPRESSION ARTISTIQUE


         Ma passion de l'eau ne s'est pas éteinte aprés mon retour dans la vie civile au bout de 3 ans d'engagement. Car sensible au domaine artistique je me suis tourné vers l'aquarelle, l'art de la peinture à l'eau .......Cela coule de source! 

                  Et l'imprégnation de mes souvenirs de voyage même aprés 40 ans ne s'est pas diluée au point que j'ai entamé aprés 2 autres carnets de voyage celui de mes 2 tours du monde avec la Jeanne : Son titre "Mémoire d'un pompon rouge".......Je vous en livre quelques courts extraits d'un carnet à spirale grand format à l'italienne ! 



 




          Un souvenir marquant entre les escales de Valparaiso ( Valpo pour les marins) et l'énigmatique île de Pâques ce fût la découverte depuis le large de la petite île Juan Fernandez ou Robinson car elle fût l'inspiratrice du célèbre roman "Robinson Crusoe" à Daniel Defoe.....





 

       Tirés de mon carnet de croquis où s'entassent comme dans un sac de marin les dessins inspirés par ma vie à bord ..... Excusez le style celui de votre serviteur qui outre peintre et aussi dessinateur autodidacte.









 Mise à jour 03 décembre 2009

 

01/12/2009
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Aventures avec le "Jeanne d'Arc"

24.04.08

 

Il  porte le nom d'une fière cavalière, héroïne de l'histoire de France pendant la guerre de cent ans qui battait la campagne par monts et par vaux, cherchant à faire dégager hors du pays l'occupant..
       Sur ce porte–hélicoptères au nom symbolique de « Jeanne d'Arc », j'ai battu les flots en effectuant des « campagnes » hors de France, parcourant au fil de l'eau 2 tours du monde avec un des fleurons de la marine nationale. La mission principale de la « Jeanne d'Arc » est d'apporter une expérience de terrain au profit des élèves officiers au cours de leur formation de 4 ans à l'école navale.

 

 

Des dimensions imposantes :182 m de long et 24m de large permettant d'embarquer outre une flotille d' hélicoptères et de ses « chiens jaunes » ( équipage lié au service aéronautique embarqué pendant la durée de la campagne ) plus de 600 personnes . A son bord pendant plus de 2 ans de juin 1968 à octobre 1970, foulant le sol de divers continents: Amériques du nord et du sud , Hawaï, Afrique, Indonésie, Chine, Japon, Territoires d'outre mer, Polynésie, j'ai eu le plaisir de découvrir la faune aquatique en liberté loin de tout aquarium géant et autres « marineland » à la mode: Raie Manta, requins de Polynésie, dauphins des Bermudes batifolant à la proue, poissons volants des tropiques, baleines de Terre neuve, tortues de mer de l'océan Indien, phoques du Chili. Accosté par chaloupes ou hélicoptères sur les terres les plus isolées comme l'île de Pâques, l'îlot de Clipperton au large de l'Amérique centrale, ou bien les plus polluées par des essais atomiques comme l'atoll de Mururoa en Polynésie.....En vrac sortis de mon vieux sac de marin toutes les escales effectuées sur les deux "campagnes"
Dakar,Pointe Noire, Abidjan, Durban(Afrique du sud), Diego-Suarez(Madagascar),Port Louis (Ile Maurice), Jakarta(Java),Hong-Kong, Tokyo,Kobé (Japon), Nouméa, Papeete, Bora-Bora (Polynésie), Honolulu (Hawaï), Los Angeles (Californie), Panama ,Valparaiso et Santiago (Chili) , Ile de Pâques, Balboa (Canal de Panama), Galveston (Texas), Curaçao (Antilles néerlandaises), Martinique, Guadeloupe, Les Saintes,Boston (Massachussets), Quebec, St Pierre et  Miquelon, Santa Cruz de Teneriffe (Canaries), Naples....   

  

        

 

Page extraite de mon carnet de voyages: "Mémoires d'un pompon rouge"

 

Bousculé et balloté dans les queues de cyclones ou les fortes tempêtes force 12 du golfe de Gascogne, bercé sur les mers d'huile sans rides du Pacifique incitant à faire la grasse matinée. Découvert les plus somptueux couchers de soleil sur les mers du monde entier, les magiques séances de cinéma en plein air sur une immense toile tendue sur le pont d'envol lors d'un mouillage dans le lagon paradisiaque de Bora-Bora en compagnie de nos invités les habitants de l'île.

 


 

 

La "Jeanne" Secouriste en tous genres 

 

 En 1998 et en 1999, la « Jeanne d'Arc » a participé à des opérations de sauvetage de populations victimes d'inondations en Amérique centrale et au Mozambique, et effectué à une mission de maintien de la paix en Haiti en 2003 et 2004.Cette année là suite aux effets dévastateurs du tsunami, elle a fourni un soutien humanitaire dans la province d'Aceh, en Indonésie.
         Le 10 février 2007, la navigatrice démâte au large des côtes australiennes : malgré l'épuisement, Maud Fontenoy décide de finir l'aventure. Elle ne fût plus une navigatrice solitaire et désemparée pendant deux jours grâce à l'assistance du porte-hélicoptère Jeanne d'Arc dérouté pour l'escorter pendant deux jours. Au matin du 14 mars 2007, Maud Fontenoy arrive au large de la Réunion sauvée !
        D'autres véliplanchistes égarés sur les flots, eurent aussi le bonheur de découvrir à leur côté la masse imposante de la « Jeanne » dans son armure grise, venue leur offrir à point nommé une autre « planche de salut » !
         Dernier évènement en date ce mois çi : L'assistance aux ex-otages membres d'équipage du voilier trois mâts le "Ponant" et la participation grace à la flotille d'hélicoptères à la poursuite en territoire Somalien et l'arrestation d'une partie des pirates ayant arraisonné le bateau de croisière de luxe dans ces espaces maritimes de l'océan Indien où ils écument les flots. 

 

 


 

 

              L'avenir du navire-école:

Apparemment il sera le premier et le dernier ! Lancé en 1964, le navire école militaire doit être désarmé à l'horizon 2010,2012, après un demi siècle de bons et loyaux services. Les campagnes d'application pour les officiers élèves se poursuivraient selon un projet civil, par la location pendant 6 mois d'un navire type ferry ! L'armateur assurant dans la foulée la mise à disposition d'un équipage civil réduit à une trentaine d'hommes.
Un horizon de restrictions budgétaires et souci d'économies, dans la perspective récente d'une déclaration relative à l'abandon du projet de mise en chantier d'un second porte-avions à propulsion nucléaire.
Après le souvenir des embruns salés de mes voyages avec la « Jeanne » , remonte un goût d'amer à la pensée de découvrir dans quelques années un tas de ferraille rouillant sur une plage des Indes au sable pollué et souillé par les multiples désossements des coques de navires . Une autre image de « Jeanne d'Arc » dépouillée de son armure et non pas vaincue par l'occupant, mais par les rigueurs d'un autre temps….

 

 

 

Page extraite de mon carnet de voyages: "Mémoires d'un pompon rouge"

 

AJOUT DU 07 MAI 2008

Une série de croquis, une page arrachée à un carnet de croquis pour relater l'ambiance à bord:Celle d'une ruche animée aux escales et en mer....

 


24/04/2008
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Dans la lignée des grands carnets de voyages

28.03.08

Certaines grandes figures ont laissé sur du papier l’épanchement de leurs souvenirs de voyages, d’explorations, de tribulations ou découvertes. Que ce soit par devoir, mission, passion ou plaisir de transmettre et de se souvenir de simples sensations.

Qu’ils fussent navigateurs ( La Pérouse, Cook, Williams, Viaux …), explorateurs ( Champlain, Paul Emile Victor, Charcot…), aventuriers ( Henry de Monfreid, Alexandra David Néel….), artistes ( Delacroix….), écrivains ( Victor Hugo, Stevenson, Melville, Pierre Loti  ...), ou simple inconnu, leurs productions couchées sur papier ont plus ou moins bercé mon imagination le soir avant de sombrer dans les bras de Morphée .Un mélange d’écrits et de croquis qui composent des trésors de mémoire avec le carnet, seul support d’échange et de transmission pendant plusieurs siècles…..Dans cette aventure, la mer et les grands espaces maritimes ont joué un des rôles majeurs par son mode de transport et son évocation à chaque grande découverte de nouvelles terres . Inconsciemment ces épisodes d’aventuriers furent peut être à l’origine de mon intégration dans la marine nationale pendant 3 ans et à bord du « Jeanne d’Arc » pour côtoyer tous ces pays qui font rêver ! Mais « 3 ans de voyage » un ouvrage issu d’un binôme d’artistes, c’est aussi l’aventure moderne d’un récit illustré dans la lignée selon moi des plus grands carnets… 

 

 

                                                  

 

        

Dans cet univers passionnant des récits de voyages alimenté à notre époque plutôt par des artistes que des scientifiques, je vous invite à la rencontre avec un ouvrage qui marque par sa qualité et son ampleur, et laissant une impression de poids par rapport aux courantes parutions du genre ( 288 pages en grand format). Normal pour un livre relatant des chroniques de voyage entrepris par Claire et Reno Marca : de l’Afrique jusqu’au Pacifique en passant non pas par « la Lorraine » mais au travers du Moyen Orient, les Indes, l’Asie jusqu’au fin fond de la Chine.....et poussant  même au delà de cette terre pour traverser le Pacifique jusqu’en Nouvelle Zélande à bord d’un cargo. Le rythme du bateau, s’il s’apparente au sillage luisant de l’escargot, a ce charme de la lenteur que j’ai  apprécié lors de mes 2 tours du monde, celui de voir progressivement « naître » la côte et de prendre le temps de s’en imprégner, de savourer l’instant ou après une semaine de navigation , on va fouler la terre . Si les « tours opérator » à grand renfort de réacteurs ont révolutionné l’accès rapide aux gens pressés en n’importe quel point du globe, ce couple d’artistes-auteurs a pris son temps de 2000 à 2003 pour inlassablement avancer.

 Lorsque j’ai feuilleté à sa parution à l’automne 2005, cet ouvrage:« 3 ans de voyages » j’ai eu ces moments fébriles liés à la découverte d’une production de grande qualité. Comme une redécouverte de ces sensations intérieures qui fleurissaient avec mes premières foulées à chaque escale dans les pays du monde entier...

 Une rare et riche compilation d’écrits et relations de souvenirs, où aquarelles, croquis crayonnés, photos, documents et   font alterner l’iconographie du simple noir et blanc à la richesse colorée...

 

                                                    

 

               

Que dire lorsque l’on est sous le charme envoûtant d’un fabuleux récit de voyage sans tomber dans l’exagération pour mettre en avant la démarche d’un couple voyageur, où chacun « s’illustre » dans son domaine: celui de Claire Marca est l’écriture. Par sa plume les mots s’envolent ciblant leur proie comme un rapace à plumes...Riche de précisions anecdotiques et de profusions de détails, le récit se fraie une place se lovant comme un serpent au milieu des illustrations…….

       « Plus au sud nous progressons dans des vallées isolées, parsemées de magnifiques vergers en fleurs. Pour grimper au pied des Kaçkar Daglari, nous profitons de la camionnette qui livre dans les villages d’altitude le courrier et le pain. Nous parvenons à Yaylalar, hissé à presque 2 500 mètres, ultime hameau avant la neige et les sommets. L’endroit répond à nos rêves les plus fous : construit sur la pente du relief, c’est un petit groupe de chalets faits de rondins de bois sur une haute base de pierres et qui semblent parfois tenir en équilibre. La maison de Mehmet, qui sert d’épicerie au rez-de-chaussée et de gîte à l’étage, sera l’endroit parfait pour poser quelque temps nos bagages. Dans ce panorama de yayla * fissurés de sentiers tortueux, nous marchons tous les jours, de plus en plus loin, de plus en plus haut.

A Yaylalar, la vache est vénérée; sa bouse même est précieuse, qui se recycle en ciment et en combustible…… » Extrait de la découverte de la Turquie

 

 

 

                

 Loin d’apporter une quelconque redondance avec l’écrit, l’llustration apporte fraîcheur, saisie d’un instant passé, grâce à la délectable et subtile qualité de l’aquarelle qui coule sans défaillir à la précision du pinceau de Reno. Un embellissement de valeur isssu de la dextérité d’un gaucher et le coup d’oeil tranchant comme un scalpel qui réplique sans hésitation le moindre détail. Fou de dessins depuis sa jeunesse, ce breton n’a pas oublié les attraits de la mer et du grand large. Sacrifiant une partie de son temps à une autre passion maritime :la pêche, cet illustrateur professionnel confirmé est passé auparavant sur les bancs d’école d’architecture intérieure et de design. Reno Marca « ramènera dans ses filets », une jeune étudiante Claire.Celle qui deviendra «sa moitié» dans la vie sédentaire et les expéditions à travers le monde sera tout natuerellement sa collaboratrice attitrée. Elle saura faire couler l’encre noire pour au travers des mots, tirer la quintessence de moments hauts en couleurs, autant que Reno concernant les jus colorés de l’aquarelle et le crayon pour le plus grand plaisir des yeux....Comme un patchwork chroniques et images mêlées se bousculent pour fidèlement rapporter l’atmosphère, la richesse de l’aventure, le contact de peuples au mode de vie trop souvent dépréciés.....  

Je les place dans mon grand coffre de marin , au même titre que tous ces carnets qui les ont précédé : Carnets d’aventurier, de botaniste, de géographe, d’ethnologue, d’explorateur, naturaliste, carnets de bord de capitaine, carnets de croquis d’artiste, carnet de notes d’écrivain ou de simple témoin.

 Leur oeuvre est comme l’écume de mer, elle brille de mille cristaux et laisse un goût, celui du sel piquant de l’aventure.....

                                           

                                    

 

 Sur leur site Web: //www.reno-marca.com/  Vous découvrirez les détails de leurs autres créations, productions, participations à d’autres ouvrages, et notamment leur « dernier né » : "Madagascar, 3 mois de voyage sur l'île rouge"  (Éditions Aubanel)

Grand Prix Michelin à la Biennale du carnet de voyage de Clermont-ferrand 2007
 

"3 ans de voyage" a reçu plusieurs récompenses méritées:
     Mention Spéciale
à la Biennale du carnet de voyage de Clermont-Ferrand 2005 ,
     Prix des 5 Continents 2006 dans la catégorie Beaux Livres,
     Mention Spéciale  Prix Amerigo
Vespucci 2006(Festival International de Géographie de St Dié )
     Prix du Jury 2007  Festival du Film d'Aventure de Vallauris (FIDLAS).
  

 

 

L’ouvrage épuisé est en reédition (Hermé) et paraîtra début mai

 

Remerciements aux auteurs de l’autorisation de ponctionner parmi leurs oeuvres pour créer les montages illustrant cet article

 


28/03/2008
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